lundi 23 janvier 2017

Larguez les amarres !

Le Christ passe dans notre vie et nous crie : « viens suis-moi » ! Laisser ses filets pour suivre le Christ est synonyme de remettre sa vie entre les mains du Père. Lui déposer dans le creux de ses mains le sens de notre vie, la fécondité de notre action, de nos relations, de ce que nous vivons à chaque instant. Et c’est l’Esprit Saint qui nous fait découvrir qu’il nous est bon de lâcher prise, de ne rien retenir à nous car il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Oui, chaque baptisé est appelé à laisser ses filets et à quitter les amarres de ses certitudes trop ancrées pour le grand large du don de soi, à la suite du Christ.

lundi 9 janvier 2017

Pour l'année nouvelle... avec Ste Thérèse de l'Enfant Jésus.

Ne pas compter sur nos mérites, mais espérer en Dieu qui est notre soutien.
Ne pas s’étonner des faiblesses des autres, mais s’édifier de leurs qualités.
Ne pas désespérer des échecs, mais supporter nos imperfections.
Ne pas s’appuyer sur nos propres forces, mais prendre l’ascenseur de l’amour.
Ne pas vouloir tout faire avec effort, mais laisser faire Jésus humblement.
Ne pas rechercher ce qui brille, mais rester caché entre les bras de Jésus.
Ne pas privilégier ce qui est extraordinaire, mais prendre les moyens ordinaires.
Ne pas penser aux peurs qui paralysent, mais s’abandonner au Père.
Ne pas comptabiliser les œuvres, mais étancher la soif de Jésus.
Ne pas s’attribuer les progrès, mais reconnaître que tout vient de Dieu.
Ne pas se décourager, mais croire qu’on est digne d’être aimé.

Ne pas se complaire dans la souffrance, mais fixer le regard sur Jésus.

dimanche 8 janvier 2017

Epiphanie


Si ce récit de l’évangéliste Matthieu a eu tant d’impact dans la tradition chrétienne et s’il a si fortement inspiré les artistes et les commentateurs, c’est qu’il exprime quelque chose d’essentiel pour notre foi : la naissance de Jésus Christ ne concerne pas seulement le peuple juif et les chrétiens, mais les hommes de toute race, nation, culture et religion. Elle “concerne” ! Le mot est trop faible ! La naissance de Jésus Christ est essentielle, vitale, pour tout être humain. Jésus n’est pas seulement un chemin pour ceux qui le connaissent, mais, comme il l’affirme lui-même, il est “le Chemin, la Vérité et la Vie.”
Jésus, né de Marie, n’est pas seulement Lumière pour ses disciples – ceux qui accueillent sa Parole et la mettent en pratique – il est aussi Lumière pour tous les peuples, pour l’humanité entière : “Je suis la lumière du monde.”“Nul ne peut aller au Père sans passer par moi.” Voilà la foi de l’Église, voilà notre foi. 

vendredi 23 décembre 2016

Home sweet home...


Pour se préparer à demain...

« L’étoile nous conduit à la crèche, nous y trouvons l’Enfant Dieu qui porte la paix au monde. De multiples images nous reviennent à l’esprit à ces mots de : Noël ! toutes celles par lesquelles l’art chrétien a essayé de traduire ce mystère de douceur.

Cependant le ciel et ta terre restent encore bien distincts. Aujourd’hui comme alors, l’étoile de Bethléem brille dans une nuit obscure. Dès le second jour des fêtes liturgiques l’Église dépose ses vêtements éclatants de blancheur, pour revêtir la couleur sanglante du martyre, et bientôt le violet en signe de deuil (1). Tout proche du Nouveau Né dans sa crèche, nous trouvons Etienne, le premier martyr qui ait suivi le Seigneur dans la mort, et les enfants innocents, odieusement massacrés.
Pourquoi cela, et que sont devenus la joie exultante que nous apportaient les anges du ciel, le bonheur silencieux de la nuit sainte, et cette paix surtout promise sur notre terre aux hommes de bonne volonté ? 
C’est que, hélas ! tous les hommes ne sont pas de bonne volonté. Si le Fils du Père Eternel est descendu des splendeurs du ciel, c’est que le mystère du mal avait couvert la terre de sa nuit.

Car les ténèbres couvraient la terre, et Il est venu comme la lumière qui brille dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas reçu. À tous ceux qui L’ont reçu Il a donné la lumière et la paix – la paix avec notre Père dans le ciel et avec tous ceux qui sont comme nous les enfants de la Lumière : les fils de Dieu. Ceux-là connaissent la paix profonde du cœur. Mais entre eux et les enfants des ténèbres il n’y a pas de paix, car à ceux-ci le Prince de la Paix a porté le glaive et Il est devenu pour eux une pierre d’achoppement. S’ils se jettent contre Lui, ils seront brisés à jamais !

C’est là une dure et grave leçon en vérité que le charme ravissant de l’Enfant de la crèche ne doit pas dérober à notre vue. Car le mystère de l’Incarnation et le mystère du mal sont étroitement liés. Devant cette lumière descendue du ciel, la nuit du péché serait plus noire et plus épaisse encore.
Cependant l’Enfant dans sa crèche étend ses mains vers nous et son sourire semble nous dire comme le feront plus tard ses paroles d’homme : « Venez à Moi vous qui souffrez et ployez sous la charge ».
Les pauvres bergers ont répondu à cet appel. Ils ont vu l’éclat du ciel lumineux, ils ont entendu la voix des anges leur annonçant la bonne nouvelle, ils se sont mis en route avec confiance, se disant les uns aux autres : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé…»

Les mages sont venus du lointain pays d’Orient, ils ont vu l’étoile merveilleuse, ils l’ont suivie, ils ont cru sans réserve, humblement, et des mains de l’Enfant ils ont reçu la rosée de la grâce et ils se sont réjouis « d’une grande joie ».

Ces mains de l’Enfant – elles prennent et donnent en même temps !

Aux sages elles dérobent leur sagesse, et voilà qu’ils deviennent simples comme des enfants ; aux rois, elles ôtent leurs couronnes et leurs trésors, et les voilà prosternés devant le Roi des rois, acceptant sans hésiter de prendre leur part de souffrances et de travaux à son service ; aux enfants trop petits pour rien donner librement, ces mains prennent leur vie fragile, à peine ébauchée, et les voilà offerts en holocauste au Maître de la vie.

Car les mains de l’Enfant et plus tard les lèvres du Seigneur, lancent un même appel : « Viens, suis-moi ».
À ces mots, Jean, le disciple bien-aimé, que nous trouvons aussi près de la crèche, est venu, quittant son père et sa barque, sans demander « pourquoi ? » ni « comment ? », il a donné au Seigneur son cœur pur d’enfant et il L’a suivi jusqu’au bout, jusqu’au Golgotha.
« Suis-moi! » ; c’est la parole qu’entendit Étienne, le jeune disciple, et il suivit le Maître dans le combat contre les puissances des ténèbres, contre l’aveuglement obstiné des endurcis. Il porta témoignage par sa parole, puis scella ce témoignage dans son sang. Du Sauveur il reçut l’Esprit d’amour, cet Esprit qui fait haïr le péché mais aimer les pécheurs, et au seuil de la mort il pria Dieu pour ses assassins.

Ce sont des figures de lumière que nous rencontrons, agenouillées près de la crèche, les petits innocents dans leur tendre enfance, les bergers fidèles, les rois conquérants, Étienne, l’ardent disciple, et Jean, l’apôtre bien-aimé ; tous ont répondu à l’appel du Seigneur.
Contre eux, se dressent dans la nuit d’un endurcissement incroyable et incompréhensible: les « savants », ceux qui auraient pu nous dire exactement les lieux et la date de la naissance du Sauveur du monde, sans déclarer pour autant : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé… » ; le roi Hérode qui voulut tuer le Maître de la vie, et bien d’autres encore.

Car devant l’Enfant de la crèche les esprits sont mis à nu. Il est le Roi des Rois. Il domine sur la vie et sur la mort, Il dit « Viens, suis-moi » et celui qui n’est pas avec Lui est contre Lui. Mais Il le dit pour nous aussi et nous place chacun devant ce choix entre la lumière et les ténèbres. »
Ste Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

(1) Note : Avant le code des rubriques de 1962, la fête des Saints Innocents à laquelle Sainte Thérèse-Bénédicte fait ici référence, se célébrait en violet.

lundi 19 décembre 2016

Mémoire...

Le 19 décembre 1964, Jean Moulin entrait au Panthéon durant une cérémonie présidée par le Général de Gaulle. C'était le 20 ème anniversaire de la Libération. 
Voici la conclusion du discours d'André Malraux : 

"Ecoute ce soir, jeunesse de mon pays, les cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a 14 ans, puissent tous cette fois les entendre, elles vont sonner pour toi.» L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le champ qui va s'élever maintenant. Ce chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité. Puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et des bois d'Alsace, mêlé aux cris perdus des moutons des tabors quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Runstedt, lancés de nouveau contre Strasbourg. Ecoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le chant du malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec Les Misérables, de celle de Jaurès veillées par la justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé. Ce jour là, elle était le visage de la France."

mercredi 14 décembre 2016

Conseil de lecture...

Abreuve-toi d'abord à l'Ancien Testament pour boire ensuite au Nouveau. Si tu ne bois pas au premier, tu ne pourras pas t'abreuver au second. Bois au premier pour atténuer ta soif, au second pour l'étancher complètement. Abreuve-toi à la coupe de l'Ancien Testament et du Nouveau, car dans les deux c'est le Christ que tu bois. Bois le Christ, car il est la vigne (Jn 15,1), il est le rocher qui a fait jaillir l'eau (1Co 10, 3), il est la source de la vie (Ps 36,10). 


Bois le Christ, car il est « le fleuve dont le cours réjouit la cité de Dieu » (Ps 45, 5), il est la paix (Ep 2, 14), et « de son sein jaillissent des fleuves d'eau vive » (Jn 7, 38). Bois le Christ pour t'abreuver du sang de ta rédemption et du Verbe de Dieu. L'Ancien Testament est sa parole, le Nouveau l'est aussi. On boit la Sainte Écriture et on la mange ; alors, dans les veines de l'esprit et dans la vie de l'âme, descend le Verbe éternel. « Ce n'est pas seulement de pain que vit l'homme, mais de toute parole de Dieu » (Dt 8, 3 ; Mt 4, 4). Abreuve-toi donc de ce Verbe, mais selon l'ordre qui convient. Bois-le d'abord dans l'Ancien Testament, et puis, sans tarder, dans le Nouveau. Il dit lui-même, comme s'il avait hâte : « Peuple qui marche dans les ténèbres, regarde cette grande lumière ; toi qui habites un pays de mort, une lumière se lève sur toi » (Is 9, 2). Bois donc sans plus attendre, et une grande lumière t'éclairera ; non pas la lumière quotidienne du jour, du soleil ou de la lune, mais cette lumière
qui repousse l'ombre de la mort.  
St Ambroise, sur le Ps 1

samedi 10 décembre 2016

La vie en rose...

Gaudete, in Domino semper : iterum dico, gaudete. 
Dominus enim prope est.
Soyez dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie, le Seigneur est proche

Pas mieux...


vendredi 25 novembre 2016

Apparition...

Alors que je m'apprêtais à faire le plein dans une sympathique station service de province, voilà qu'apparaît sur le portique du lavage automatique des voitures un message étonnant. 
Quand on fait le plein de sa voiture, il n'est pas fréquent de voir apparaître "Christ" devant soi. Croyant avoir la berlue, j'ai patiemment attendu la fin du - long - message publicitaire. Et là, plus de doute possible : il était là devant moi !
En cette fin d'année de la miséricorde, voir que le système de lavage le meilleur est celui du Christ a valeur de signe ! Les plus attentif d'entre vous auront aussi remarqué, au dessus du message lumineux, un autre non moins parlant : "Christ Genius". 
Après on dira qu'il n'y a pas de clin d'oeil...


" Voyez le figuier et tous les autres arbres.
Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche." 
Lc 21, 29 - 31

vendredi 11 novembre 2016

So long Leonard...

Un grand poète, Léonard Cohen, s'en est allé... So long...


So long Marianne 

Come over to the window, my little darling,


I'd like to try to read your palm.
I used to think I was some kind of Gypsy boy
Before I let you take me home.

Now so long, Marianne, it's time that we began
To laugh and cry and cry and laugh about it all again.

Well you know that I love to live with you,
But you make me forget so very much.
I forget to pray for the angels
And then the angels forget to pray for us.

Now so long, Marianne, it's time that we began ...

We met when we were almost young
Deep in the green lilac park.
You held on to me like I was a crucifix,
As we went kneeling through the dark.

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...

Your letters they all say that you're beside me now.
Then why do I feel alone?
I'm standing on a ledge and your fine spider web
Is fastening my ankle to a stone.

Now so long, Marianne, it's time that we began ...

For now I need your hidden love.
I'm cold as a new razor blade.
You left when I told you I was curious,
I never said that I was brave.

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...

Oh, you are really such a pretty one.
I see you've gone and changed your name again.
And just when I climbed this whole mountainside,
To wash my eyelids in the rain!

Oh so long, Marianne, it's time that we began ...


Viens près de la fenêtre, ma jolie
Je voudrais essayer de lire la paume de ta main
Je pensais que j'étais un genre de gitan
Avant de te laisser m'emmener chez toi

Refrain : Adieu Marianne, c'est l'heure où nous commençons

A rire et à pleurer, et à pleurer et à rire à propos de
tout à nouveau.

Tu sais que j'aime vivre avec toi
Mais tu me fais oublier tellement de choses
J'oublie de prier les anges
Et puis les anges oublient de prier pour nous

Refrain

Quand nous nous sommes rencontrés nous étions presque
jeunes
Au fond du parc aux lilas verts
Tu t'es accrochée à moi comme à un crucifix
Comme nous nous agenouillions dans les ténèbres

Refrain

Tes lettres disent que tu es à mes côtés maintenant
Alors pourquoi je me sens si seul ?
Je me tiens tout au bord et ta jolie toile d'araignée
Retient ma cheville à un rocher

Refrain

J'ai maintenant besoin de ton amour caché
Je suis froid comme une nouvelle lame de rasoir
Tu es partie quand j'ai dit que j'étais curieux
Je n'ai jamais dit que j'étais courageux

Refrain

Oh tu es vraiment si belle
Je vois que tu es partie et que tu as encore changé de nom
Juste quand j'escaladais cette montagne
Pour laver mes paupières sous l'eau de la pluie

Refrain

jeudi 3 novembre 2016

Dame des courants

Peu m’importent vos noms Dame des courants
Seules vos mains comptent
Vos sourires au bord de vos mains
Sont les oiseaux sans lendemains
Que le vent emporte
Fiancés à la dérive
Qui frappez aux portes des rives
Vos écharpes sont d’herbes et de petits papiers.

Louise de Vilmorin

Right...


mercredi 2 novembre 2016

Eloge de l’ennui et de la paresse

    A Maubeuge, à Saint-Etienne, en Lozère, en Ardèche, à Saint Chély-d’Apcher, à Loguivy-Plougras, un garçon ou une fille de vingt ans, ou de vingt-cinq, ou peut-être de quarante, vivent, à l’instant où je trace ces mots, une formidable aventure. Ils s’ennuient. Ils ont de la chance. Ils vont écrire un chef d’œuvre.
Je voudrai citer aux jeunes gens dévorés de l’envie de laisser un nom dans ce monde qu’il y a quelques chose de mieux que de voyager : c’est de ne rien faire. Il y a quelque chose de mieux que d’avoir des aventures : c’est d’en inventer. Il y a quelque chose de mieux que de s’agiter : c’est de s’ennuyer. 
       J’écrirai volontiers un éloge de la paresse et de l’ennui. La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d’œuvre. Très loin de l’abrutissement qui naît des grands postes et des grandes fonctions, l’ennui est cet état béni où l’esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d’informe et déjà d’idéal qui n’existe pas encore. L’ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie. Dieu s’ennuyait avant de créer le monde. Newton était couché dans l’herbe et bayait aux corneilles quand il a vu tomber de l’arbre sous lequel il s’ennuyait la pomme de la gravitation universelle. Les petits esprits s’énervent au milieu de foule de choses, la plupart du temps inutiles. Les grands esprits ne font rien en s’ennuient comme Descartes « enfermé seul dans un poêle en Allemagne » avant de découvrir des cieux. Chateaubriand bâillait sa vie avant d’écrire Atala, et René, et les Mémoires d’outre-tombe.
     L’essentiel est de fuir les occupations subalternes et d’éviter de se disperser dans des plaisirs ou des obligations d’emprunt, et puis de se donner tout entier à ce qui sera l’œuvre d’une vie. Proust renonce aux chroniques du snobisme et aux raouts dans le grand monde pour se claquemurer chez lui, entre ses murs couverts de liège, dans ses souvenirs et dans ses rêves d’où surgiront les miracles du Swann, d’Odette, de Françoise, d’Albertine, de la duchesse de Guermantes et du baron de Charlus. Dans un domaine très différent, Louis de Broglie sort lui aussi d’une banalité quotidienne où il ne faisait presque rien pour entrer d’un seul coup dans un rêve étoilé. Il ne passait pas pour le plus doué des siens qui avaient tous brillé dans la guerre, dans la politique, dans les lettres. Lui, c’était plus modeste : il s’occupait d’histoire, de généalogie, d’une collection de timbres-poste, il brillait au bridge et aux échecs lorsque, un beau jour, à Bruxelles, à l’occasion d’un congrès savant où l’avait entrainé son frère Maurice, il découvre par hasard la grandeur farouche d’une physique mathématique qui le mènera jusqu’à la mécanique ondulatoire. « Monsieur, lui dira plus tard Léon Blum en lui remettant l’ordre le plus élevé dans la Légion d’honneur, vous appartenez à une famille où le talent était héréditaire avant que le génie y entrât. »
      Le génie – ou quelque chose comme ça – descend aussi sur Loguivy-Plougras, sur Saint Chély-d’Apcher, sur la chambre où un garçon – ou une fille -, peut-être venu d’ailleurs, peut-être découragé, se débat contre un destin hostile qui semble ne rien promettre. Voyager n’est pas mal. Le succès, c’est très bien. Etre heureux, qui ne le souhaite ? S’ennuyer est bien mieux. C’est quand vous êtes perdu que vous commencez à être sauvé. La vie la plus banale, allumer le feu dans une cheminée, se promener dans les bois – Rousseau avait besoin de marcher pour aiguiser ses idées -, ronger son frein et son cœur parce qu’on est bon à rien, maudire le monde autour de soi, s’abandonner aux songes, ou, mieux encore ne rien faire du tout, ou, en tous cas le moins possible – avant, bien sûr de se jeter dans le travail à corps perdu -, peut mener autrement loin.    
Jean d’Ormesson

Qu’ai-je donc fait ? pp 112 - 114

lundi 31 octobre 2016

Les bonheurs de la vie

Alors que le jour baisse, je songe, entre le dédale encore sinueux que constituent des cartons de livres non encore déballés, aux petits bonheurs - et pourquoi pas aux grands - de l'existence.
Un inventaire à la Prévert, un bouquet de lueurs inextinguibles. 
Dans le désordre et non par ordre d'importance :
- La lumière sur l'embouchure de la Seudre à la Tremblade,
- Jean d'Ormesson parlant de Chateaubriand,
- Un petit écolier au chocolat au lait,
- Le petit Christ roman de St Michel l'Aiguille,
- Le regard des êtres aimés,
- Le souvenir de leur voix, même éteinte depuis de longues années,
- Le français de Marguerite Yourcenar, parlé ou écrit, magnifique musique,
- Le souvenir des bonheurs immenses,
- L'espérance de ceux à venir,
- Quelques pages de Bossuet ou de Massillon,
- Un certain humour anglais,
- Le souffle d'un vent léger sur un canal, à Venise,
- Un bon gros roman de 600 pages et plus (liste trop longue à reporter ici),
- Le bruit des vagues n'importe où,
- Une gelato Pistache - chocolat blanc orange à Rome, près du Panthéon,
- Une chanson de Souchon, un jour de pluie,
- Malraux,
- L'élévation durant l'eucharistie,
- La poésie,

Et tant d'autres...


dimanche 30 octobre 2016

samedi 22 octobre 2016

mercredi 12 octobre 2016

Restaurée...

... La lutte avec l'ange de Delacroix en l'église St Sulpice de Paris


mardi 4 octobre 2016

Et Splatch !

« La foi n’est pas une chose décorative, ornementale.
Vivre la foi n’est pas décorer la vie avec un peu de religion, comme si c’était un gâteau que l’on décore avec de la crème. Non, la foi n’est pas cela. 
La foi implique de choisir Dieu comme critère de base de la vie, et Dieu n’est pas vide, Dieu n’est pas neutre. Dieu est toujours positif.
Dieu est amour et l’amour est toujours positif. Depuis que Jésus est venu dans le monde, on ne peut pas faire comme si on ne connaissait pas Dieu. Comme s’Il était toujours abstrait, vide, une référence purement nominale.
Non, Dieu a un visage concret. Il a un nom : Dieu est Miséricorde, Dieu est Fidélité. Il est la Vie qui se donne à nous tous ».
Pape François
Angélus du 18 août 2013

mardi 27 septembre 2016

Les experts Miami...


... comme si on y était !

lundi 12 septembre 2016

mardi 6 septembre 2016

ça déménage !


Je dois plier bagage
Puisqu'aujourd'hui je déménage
Mes habitudes font naufrage
Puisque je déménage
Attention au carnage
Puisqu'aujourd'hui je déménage !


samedi 3 septembre 2016

Brise légère...


Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume
Poussaient au bord de nos chemins
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis
En leur marche, sous le feuillage ;
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne
Sous la garde des longs roseaux
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
Ensemble une même pensée,
Nous songions que c'était notre vie apaisée
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête
Se parer et nous dire adieu ;
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

vendredi 2 septembre 2016

Quelques vacheries...

... Mais elles sont lues par Catherine Deneuve. Alors...

video

jeudi 1 septembre 2016

Dévorer la littérature...

Un photographe, Charles Roux, a eu l'idée de recomposer et de photographier des festins présents dans la littérature.
Florilège. 
Bon appétit !


Alice au pays des merveilles. Lewis Carroll


Du côté de chez Swann. Marcel Proust


Jane Eyre. Charlotte Brontë


Le monde de Narnia. Clive Staples Lewis


Le Petit Chaperon Rouge. Charles Perrault


Moby Dick. Herman Melville

une seconde pour la route...